Novembre 2023 – L’ÎLE DE LA RÉUNION

« Pardon, Madame, pouvez-vous m’indiquer où se trouve le marché ici ? » Je regarde l’homme, un peu abasourdie. Je suis à plus de 10.000 km de mon domicile, je me trouve devant le très original office de tourisme d’une ville où je n’ai été qu’une seule fois, il y a 47 ans, et c’est justement à moi qu’il s’adresse pour poser sa question ??

Apparemment, je produis une impression agréable et rassurante sur mon prochain, car ce n’est pas la première fois que cela m’arrive….! La plupart du temps, je donne aussi la bonne réponse. Cette fois-ci cependant, je réagis trop vite : « Avec plaisir, tout au bout de cette rue, mais malheureusement seulement le samedi matin ». C’est vrai, mais cela ne concerne que le plus grand marché en plein air de l’île. Il y a aussi ici, à SAINT PIERRE (patron des pêcheurs, des serruriers et des maçons), un marché couvert ouvert tous les jours, ce que j’ignorais – donc le pauvre homme devra sans doute se rendre dans un supermarché. Désolée.

Alors que nous flânons sur la promenade du bord de mer de la ville, nous nous réjouissons que, même si le soleil ne dure que dix minutes, au moins il ne pleuve plus. Je ne peux m’empêcher de penser à la façon dont nous avons fêté notre voyage, en buvant du champagne, avant-hier soir dans l’avion à 1016 km/h et à 9447 mètres au-dessus de la mer, c’était très stylé. Et comment hier à midi, sous un soleil radieux à SAINT DENIS (patron des rois de France), quand nous avons loué notre confortable Golf, nous étions tout aussi radieuses.

Nous roulons vers le sud sur la superbe « Route nationale 1« . Je suis très impressionnée. La dernière fois que je suis venue sur cette île, c’était il y a presque 50 ans. A l’époque, cette artère s’appelait simplement « la route du littoral », sur laquelle on avait encore de petits tunnels à traverser et où l’on avait droit à un vibromassage gratuit, tellement il y avait des secousses… J’étais en tournée et j’ai donné 17 concerts en 12 jours partout sur l’île, parfois dans des conditions un peu précaires.

Maintenant, avec cette nouvelle construction qui a coûté des milliards, on a repoussé les montagnes de plusieurs kilomètres – une entreprise gigantesque ! Les villes que nous traversons n’ont malheureusement rien à envier à celles d’Île de France en ce qui concerne la laideur – pour ce qui est des bâtiments en béton en tout cas. Je ne peux qu’espérer que les petites localités à l’écart de cette voie rapide ont conservé leur caractère authentique.

Pour nous, c’est merveilleux d’avoir cette route quasiment vide devant nous et l’océan Indien en ligne de mire. Mais plus nous nous approchons de notre destination, plus nos visages s’allongent : le soleil disparaît derrière les nuages, il commence à bruiner et finalement nous atterrissons à SAINT JOSEPH (patron des charpentiers et des menuisiers) sous une pluie battante. Oh zut, ce n’était pas prévu !

Heureusement, nos partenaires d’échange, Maxime et Isabelle, sont très prévenants. Cette dernière nous concocte en un clin d’œil un déjeuner léger sur la terrasse couverte devant sa maison, avec vue sur la piscine et notre bungalow sous la pluie.

Celui-ci est très sommairement aménagé, mais là encore, Isabelle nous a gâtées avec une bouteille de « rhum arrangé de Charette » (le meilleur de l’île, c’est celui qui a le divin goût de banane flambée!) et en plus avec une coupe de fruits exotiques. Elle et Maxime sont professeurs au lycée du village voisin, mais Maxime est en congé de maladie depuis plus d’un an. C’est pourquoi il se propose gentiment à deux reprises comme « taxi » pour nous montrer la ville et les traiteurs locaux, car nous ne pourrons pas préparer grand-chose dans notre cuisine équipée d’une seule plaque de cuisson, d’une casserole et d’une poêle.

SAINT PIERRE

Le lendemain matin, il bruine encore et nous en avons marre. C’est pourquoi nous partons à midi à la découverte de Saint-Pierre. La ville n’est qu’à 20 km de la nôtre et nous faisons une belle et longue promenade au bord de la mer et dans le quartier de « Terre Sainte » sans qu’il ne pleuve.

Comme je trouve ce nom étrange, je me renseigne sur Wikipedia : l’appellation du quartier de Pierrefonds n’a rien à voir avec la Terre Sainte d’Israël. Elle vient de la langue malgache et signifie quelque chose de complètement différent, à savoir « terasisindrano – de l’autre côté de la rivière ». Celle-ci s’appelle « rivière d’Abord » et coule au milieu de la ville. La Terre Sainte est la partie la plus ancienne et particulièrement pittoresque de Saint-Pierre. C’est là que vivent principalement les pêcheurs et les artisans.

Nous ne nous lassons pas de regarder les énormes lianes et racines des arbres à caoutchouc. Dans une petite boutique typique, nous achetons du miel au goût de litchi et retournons ensuite à la voiture par la jolie petite rue de la Croix des pêcheurs.

LE VOLCAN

La nuit suivante, la pluie continue de tomber à flots, mais vers midi, elle s’arrête enfin et nous partons cette fois dans l’autre sens, vers le sud-est. Il faut savoir que La Réunion est littéralement un « œuf » de par sa forme et qu’il n’existe qu’une seule route qui en fait entièrement le tour. Presque toutes les autres sont des routes de desserte dans les montagnes. L’exception est la route nationale 2, qui va du sud-ouest au nord-est et qui est par conséquent très fréquentée et souvent encombrée.

On voit très clairement sur la carte, en bas à droite, le cône du volcan et nous logeons un peu à gauche de celui-ci, là où le premier contrefort marron du volcan vient buter contre la mer. Nous allons donc aujourd’hui de SAINT JOSEPH à SAINT PHILIPPE (patron des chapeliers et des pâtissiers).

A partir d’ici, il n’y a plus de 3 ou 4 voies, mais une très belle route de campagne sur laquelle le trafic est considérablement réduit. Une nature luxuriante nous entoure tout à coup et ce ne sont plus des blocs de béton mais des belles petites maisons, les « cases » typiques de l’Île.

J’ai l’impression que sur ce côté sud-est de l’île, peu de choses ont changé depuis presque 50 ans. Cela a bien sûr un rapport avec le volcan. Les gens qui vivent ici en dessous du « monstre » (c’est ainsi qu’on l’appelle aussi dans cette région), en partie dans la zone de danger, savent ce que cela implique. Ils vivent dans des maisons qu’aucune assurance n’accepte parce qu’elles sont construites trop près de la zone de lave. En cas d’éruption, ils perdent tout ! De la route, on ne peut pas voir le sommet du volcan, mais même ainsi, il est très imposant. Nous allons jusqu’à la dernière « coulée » de 2022, car chaque éruption reçoit une plaque indiquant l’année.

Un groupe de seniors fouille la pierre de lave. Cette ambiance nous oppresse plutôt, nous en restons là et faisons demi-tour. Dans le village suivant, nous achetons de la vanille auprès d’une vendeuse particulièrement sympathique, qui nous donne des explications sur la plante. Il va sans dire que la « vanille BOURBON » (l’ancien nom de l’île) est la meilleure du monde – logique ! Nous apprenons qu’il s’agit en fait d’une orchidée originaire du Mexique et qu’il existent deux façons de la cultiver : sous un toit ombragé ou dans les sous-bois, les arbres servant alors de support à la longue liane.

Nous trouvons ensuite un petit jardin botanique très agréable, que nous parcourons un bon moment en nous régalant de ses senteurs, car, même si le temps est à nouveau très nuageux, la terre est parfumée par la chaleur humide.

Bien sûr, on y trouve aussi de la vanille et nous connaissons déjà le nom du jeune homme de cette île, Edmond Albius, qui a mis au point en 1841 le procédé de fécondation artificielle de la vanille. Il « suffit » de mettre en contact les organes mâles et femelles d’une fleur à l’aide d’un petit bâtonnet. Bientôt, la fleur formera une gousse verte qui sera récoltée à maturité – et qui est très chère, justement à cause de la fécondation manuelle !

Dans les années 30, LA RÉUNION produisait fièrement les 3/4 de la vanille Bourbon, connue et appréciée dans le monde entier, à savoir 1200 tonnes. Aujourd’hui, environ 170 agriculteurs cultivent les gousses sur environ 190 hectares de terre – et c’est justement la terre volcanique du sud-est de l’île que cette plante préfère.

Le lendemain matin, le ciel se présente enfin sous son meilleur jour. Et cela change tout ! Dans la piscine, comme tous les matins (même quand il pleut), Isabelle nage pendant une heure. Nous essayons, accrochées à notre fenêtre, d’avoir un contact avec le monde extérieur grâce à sa Box. Il n’y en a pas dans la maisonnette. Nous finissons nos ablutions du matin et le petit déjeuner en vitesse, puis nous filons tout droit vers la mer.

LE LAGON

En route vers la plus belle plage de l’île – appelée HERMITAGE et située sur « le lagon », dont j’ai conservé un souvenir impérissable – nous entrons pour la première fois en contact avec l’infernale circulation locale. Il y a bien des bus, mais pas assez, car ce n’est pas rentable, chaque famille ayant au moins (!) 2 voitures, plus des motos. Aux heures de pointe, la circulation n’est pas meilleure qu’à Paris et même en dehors, il nous faut une heure et demie pour parcourir les 80 km, car l’autoroute ne commence, de chez nous, qu’après ST. PIERRE.

Malgré cela, le trajet est non seulement beau du point de vue du paysage, mais aussi souvent plus agréable que dans notre « Île de France », à 50 km autour de Paris, où 12 millions de personnes vivent et conduisent une voiture. Ici, sur environ 2.500 km², il y en a moins d’un million et leur comportement dans le trafic est – un véritable soulagement ! Ici, pas de coups de klaxon nerveux ou hystériques, pas de doigts d’honneur ni d’expressions agressives, au contraire : ici, on sourit, on cède le passage d’un geste de la main et l’autre remercie également d’un signe de la main et d’un sourire. Incroyable, mais vrai ! On SAIT simplement que de Saint Joseph à SAINT LOUIS (patron des franciscains), il faut parfois deux heures pour parcourir les 35 km tôt le matin, c’est comme ça, basta.

Les habitants de l’île n’ont pas de nom. LE Réunionnais n’existe pas, chacun a son nom, selon son origine. Cafre : Descendant d’esclaves noirs ou malgaches, Zarabe : issus d’immigrés indiens musulmans, Malbar : descendants de travailleurs indiens obligés, Yab ou Ti Blanc des Hauts : Descendant des plus modestes des colons installés sur les hauteurs de l’île dans la seconde moitié du XIXe siècle. Chinois : un Réunionnais d’origine chinoise. ZOREIL (oreille) : Les Français et tous les Européens qui ne comprenaient pas le dialecte local et qui portaient donc la main à l’oreille en criant « Hein ?? » – c’est en tout cas ce que dit la légende.

Quand on sait tout cela et qu’en plus toutes les religions cohabitent et vivent ici en PAIX ensemble, on ne peut que dire avec admiration « C’est donc possible! »

C’est avec de telles considérations philosophiques que nous arrivons à SAINT GILLES (patron des estropiés et des malades) et Mi est tout de suite enthousiasmée par le lagon. Il est protégé des requins par le grand récif corallien qui s’étend sur des kilomètres dans la mer, parallèlement à la côte ouest de l’île. Nous pouvons donc nager en toute tranquillité et nous faire bronzer dans la pénombre des filaos.

Et si l’envie nous en prend, nous pouvons même déguster des CRÊPES, car il y a un stand à dix mètres de là, devant lequel une vraie Bretonne les prépare à la minute. Hah, et tout ça en novembre ! Oubliés les jours de pluie, nous sommes au top !

11 NOVEMBRE

Le lendemain matin, à SAINT PIERRE, où nous sommes venues cette fois pour le marché, nous tombons en pleine commémoration de la victoire du 11 novembre 1918 (!), pour ne pas oublier que cette île est une colonie française – euh, pardon, j’allais bien sûr dire « une partie de la France ».

Il fait une chaleur écrasante ce samedi et il y a une telle effervescence sur le marché qu’au bout d’une demi-heure, nous décidons de boire une boisson fraîche et de nous contenter de regarder le spectacle.

L’après-midi, nous nous baignons d’abord dans la piscine, c’est très agréable. Plus tard, Maxime nous emmène à la « Cascade du Grand Galet« , une chute d’eau très impressionnante (en fait, il y en a plusieurs) qui se jette dans le vide depuis le flanc du volcan, haut de 60 mètres.

Mais le temps se couvre malheureusement à nouveau et nous demandons à Isabelle ce que nous pourrions bien visiter demain. Elle nous conseille de prendre la « Nationale 2 », qui va de SAINT PIERRE à LE TAMPON et de là, avec un embranchement, à la petite ville de l’ENTRE DEUX. Elle la décrit comme particulièrement pittoresque, même par temps couvert, et nous sommes curieuses.

En effet, le village de 7000 habitants, situé à environ 400m d’altitude, nous frappe d’abord agréablement par ses immenses arbres en fleurs.

Ce palmier s’appelle « L’arbre voyageur« , sans doute parce qu’il a migré de MADAGASCAR avec les premiers arrivants – il n’y a en effet qu’un petit saut de 900 km à vol d’oiseau entre les deux îles.

Nous nous réjouissons des belles maisons et des jardins, les fleurs sont une splendeur.

Le dimanche matin, il n’y a presque pas de promeneurs et nous constatons avec amusement que cet endroit est un eldorado pour tous les fans de yoga-pilates-méditation, un peu comme Ubud à Bali.

Un arbre particulièrement beau est le JARACANDA, également appelé « Flamboyant bleu ». Il ne fleurit qu’au début du printemps, c’est-à-dire maintenant ici et en février à NICE !

Comme le trajet à travers cette partie de l’île nous plaît – d’autant plus que le dimanche, il n’y a pas d’heures de pointe – nous décidons de monter encore jusqu’à la Plaine des Cafres, où se cachaient les esclaves noirs au 18e siècle. Malheureusement, nous devons faire demi-tour avant d’y arriver : une pluie battante et du brouillard en sont la cause.

Nous nous réfugions au bord de la mer, y faisons un pique-nique à l’ananas et regardons les autochtones qui – tout comme à l’île Maurice il y a trois ans – s’amusent comme des fous – mais SANS musique forte.

Ensuite, nous faisons comme tout le monde et regardons simplement la mer se briser sur les rochers, sans se fatiguer, jour après jour…

Le lendemain est radieux et se passe à nouveau sur notre magnifique plage « Hermitage« . Tout en admirant le deltaplane, nous faisons des projets pour demain.

CILAOS

Ce matin, nous sommes passées par la gare routière de SAINT LOUIS pour nous renseigner sur la meilleure façon de nous rendre au CIRQUE DE CILAOS. J’en ai parlé à Mi, car j’y suis allée il y a 47 ans, et j’ai été très impressionnée par la majesté naturelle du paysage !

C’est pourquoi je ne veux pas que Mimi y conduise notre voiture, car la « route des 400 virages » – c’est ainsi que les autochtones l’appellent – est meurtrière et exige une concentration totale. Elle ne verrait donc rien du tout de la beauté environnante. Ce serait bien dommage.

Nous avons de la chance et obtenons les deux places à l’avant du bus. Toutefois, de là, on n’a pas seulement une vue sur le paysage, mais aussi sur les virages en épingle à cheveux, et nous assistons de près à la manière dont le conducteur doit tourner le volant pour prendre un virage. C’est vert et sauvage autour de nous. Puis viennent les tunnels dans lesquels nous avons l’impression que le bus ne pourra passer qu’avec des savonnettes sur les côtés …il progresse très lentement mètre après mètre.

Mais non, nous retrouvons à chaque fois la lumière et nous montons de plus en plus haut, car notre objectif, le village de Cilaos, se trouve à 1200 mètres d’altitude. La mer scintille déjà loin, très loin en dessous de nous à l’horizon.

Dans CHAQUE virage sans visibilité, notre chauffeur klaxonne fort. De temps en temps, nous traversons un village. Pour y descendre, les habitants tapent deux fois dans leurs mains de manière bruyante et impérieuse, au lieu d’utiliser le bouton électrique. Je me demande vraiment comment on peut vivre dans un tel désert, encerclé par les montagnes et relié au monde par cette seule route…

Nous montons de plus en plus haut, le paysage devient de plus en plus spectaculaire – jusqu’à ce que tout à coup, dans l’immense cuvette, notre destination se trouve devant nous, le village de CILAOS, qui compte 5000 habitants.

Une fois descendues, je ne peux pas m’empêcher d’échanger quelques mots avec notre chauffeur, notamment pour le remercier. Il m’explique que 3 chauffeurs se relaient chaque jour, que chacun doit faire le trajet deux fois, ce qui fait 6 heures en tout – et que nous avons aujourd’hui un temps relativement beau. Qu’est-ce que ça doit être quand il pleut et qu’il y a du brouillard… !

Nous nous promenons dans la petite ville, nous y rencontrons les élèves de l’unique complexe d’écoles primaires-collèges-lycées et nous réjouissons des belles maisons anciennes et des villas aux jardins fleuris.

Nous allons au petit musée – où est accrochée la « carte de l’île » du début – et apprenons des choses sur un moyen de transport très particulier, avant l’arrivée des bus et – à partir du début des années 60 – des hélicoptères, à savoir « la chaise à porteurs ». Imaginez que des hommes transportaient les malades, dont certains venaient faire une cure aux thermes, depuis la vallée sur une distance de 30 km ! La photo montre un modèle de luxe, les normaux étaient beaucoup plus simples.

Jusqu’en 1932, le voyage à Cilaos était une véritable expédition, car il fallait d’abord prendre le train à Saint-Denis pour se rendre à Saint-Louis. On dormait chez des amis ou dans une simple pension, car il n’y avait pas d’hôtels. A 5 heures du matin, on partait en charrette tirée par des mulets (avec tous les bagages pour un séjour à Cilaos) pour le plateau des Aloès – à environ 200 m d’altitude – où les porteurs, prévenus la veille, attendaient leurs clients. En général, il s’agissait de personnes aisées, de curistes et de touristes. 12 porteurs, qui se relayaient entre eux, étaient nécessaires en général pour transporter une personne jusqu’à Cilaos. A chaque arrêt, il y avait le « P’tit coup sec », c’est-à-dire un verre de rhum, pour se remonter le moral, tant le chemin était dangereux.

Le prix dépendait du poids de la personne : il était de 1,50 F par kilo. Si une personne pesait 80 kg, elle devait payer 1,50 x 80 =120 F, ce qui ne représentait que 10 F par porteur – une bien maigre récompense pour un tel effort : il fallait gravir 1000 mètres de dénivelé sur des petits sentiers !

François Séry, né le 4 octobre 1905 à Cilaos, était le dernier porteur de fauteuil. Il a eu la joie de fêter son centième anniversaire en 2005, entouré de sa famille. Fils de porteur de fauteuil, il a travaillé dès son plus jeune âge avec son père. Doté d’une solide constitution, c’était un homme grand, fort et résistant. Dès l’âge de 15 ans, il aidait son père à transporter des malades vers les thermes de Cilaos. A l’époque, il recevait « tout de même » 15 francs par transport de personnes. Il a exercé ce métier jusqu’en 1960, c’est-à-dire jusqu’à l’utilisation des premiers hélicoptères.

Au déjeuner, nous dégustons les fameuses lentilles de Cilaos, des lentilles bio AOC cultivées ici, et en achetons pour la maison. Sur le chemin du retour, le ciel se couvre déjà, du moins ici, car lorsque nous arrivons à la mer, le soleil du soir brille.

DOMAINE DU CAFÉ GRILLÉ

Aujourd’hui encore, le temps est malheureusement seulement chaud et humide mais pas assez ensoleillé pour une journée de plage. Nous partons donc à la découverte de ce jardin botanique de 4 hectares. Dès le hall d’entrée, l’aménagement est agréable et original. Nous avons droit à un film d’introduction. Le site a été conçu par un jardinier passionné, Monsieur LUSPOT, qui a motivé toute sa famille puis l’ensemble de ses collaborateurs. Nous en profitons.

Un ange gardien nous emmène dans le jardin, où nous attend une profusion de fleurs, d’arbustes et d’arbres. Nous nous promenons pendant près de deux heures, émerveillées et heureuses de cette splendeur.

Qu’il s’agisse du « palmier éléphant » ou du jardin de bambous où, si l’on laisse sa main suffisamment longtemps sur les troncs, on est censé être rempli de calme bouddhiste (heum, cela n’a malheureusement pas marché avec moi…), tout est intéressant et beau.

Avant de partir, nous devons bien sûr goûter le café maison « Rond la Kour » et « Pointu la Kour« . Nous le trouvons – bon.

16 NOVEMBRE

Ce n’est pas possible ! J’ai parcouru dix mille kilomètres pour fêter mon anniversaire au soleil pour la deuxième fois de ma vie – et ce matin la pluie tropicale tombe si fort que nous ne pouvons presque plus voir la maison d’Isabelle en face!! Heureusement, Mimi a pensé au remède miracle : une coupe de champagne rosé au petit-déjeuner. Elle nous remonte immédiatement le moral!

À midi, nous nous rendons dans un restaurant qui nous a été recommandé et où nous voulions manger sur la terrasse avec vue sur l’océan Indien. C’est bien sûr raté, mais la célèbre « salade de palmiers » est tout aussi délicieuse à l’intérieur.

En réalité, on ne devrait même pas la manger, car le palmier – que nous avons vu hier en vrai dans le jardin botanique et qui est aujourd’hui cultivé spécialement pour la vente – doit d’abord pousser pendant quatre ans avant que l’on puisse en retirer le cœur. On le voit bien sur la photo : la partie vert clair en haut du tronc – et pour cela, l’arbre entier doit être abattu.

Ce plat est coûteux en raison de sa rareté, et la vente du « chou palmiste » est strictement réglementée et surveillée. Je n’en mangerai d’ailleurs qu’une seule fois dans ma vie. Promis !

Les rouleaux de printemps et les samoussas sont ici particulièrement savoureux, ce qui n’est pas toujours le cas chez les traiteurs où nous devons nous approvisionner tous les jours. Je commence à avoir des fantasmes de pommes de terre sautées …!

LA DERNIÈRE BAIE

Le temps nous tient en haleine jusqu’au dernier jour. Hier, il faisait enfin beau, mais il y avait tellement de vent sur la plage que nous avons dû nous réfugier à l’intérieur, sous les arbres, et n’avons pas pu nous baigner. Et aujourd’hui, jour de départ, il fait aussi beau qu’on peut le souhaiter !

Nous profitons donc du trajet par le côté est de l’île – pour en avoir fait au moins une fois le tour complet – et bénéficions aujourd’hui d’une vue sereine du volcan.

Et avant de traverser les petites villes des Saintes FEMMES, avec

SAINTE ROSE (patronne invoquée en cas de conflits familiaux)

SAINTE ANNE (patronne des grands-mères et des marins) et

SAINTE SUZANNE (patronne des fiancés)

nettement moins représentées que leurs homologues masculins sur l’île (ahem ), nous arrivons encore à un endroit particulièrement beau, à savoir l’ANSE DES CASCADES D’EAU.

Nous y voyons aussi quelque chose de très particulier, à savoir une palmeraie avec des troncs ROUGES. En réalité, ce sont des lichens qui créent cette illusion optique.

Un peu plus tard, dans le petit village de SAINTE ROSE, nous découvrons deux canons tournés vers la mer, qui rappellent combien de fois l’île de BONAPARTE (c’était encore son nom en 1809) a été attaquée, au choix, par des pirates ou par les Anglais…

J’arrive même à prendre en photo in extremis mon cher FLAMBOYANT – c’est le printemps ici, il a commencé à fleurir il y a une semaine seulement – et nous nous baladons joyeusement le long de la mer, vers l’aéroport de Saint-Denis et vers PARIS…!

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