2018 – VANCOUVER

PREMIERES IMPRESSIONS

Cette fois, notre aventure commence juste devant celle qui sera notre maison pour deux semaines. Je suis un peu étonnée de constater que l’appartement est assez sombre. Les gigantesques épicéas, qui s’étendent jusqu’à la crête de la montagne, sont si proches de la maison que le soleil y pénètre à peine. Il faut toujours allumer la lumière dans la cuisine et la salle de bains. Apparemment, je n’avais pas regardé assez attentivement les photos que ma partenaire d’échange, Tracy, a postées sur Home-exchange. Tant pis pour moi, ce n’est pas bien grave.

On se croirait presque en Forêt-Noire, car notre Boulevard Mont Royal est à bien 300 mètres au-dessus de l’Océan Pacifique, que nous venons de voir en passant depuis le bus. Tout était encore gris comme sur cette photo, alors que maintenant, deux heures plus tard, le soleil arrive un peu. Après neuf heures de vol, nous avons attendu une autre heure dans un immense hall pour passer l’immigration. Nous avons remis nos papiers à l’officier responsable, qui a posé cette question surprenante :

And what will you do in Vancouver on your vacation ?

Eh bien, laissez-moi réfléchir, Monsieur – que peut-on bien faire dans une belle ville qu’on ne connaît pas encore ?? Juste après, un charmant policier devant le hall d’arrivée est heureux de nous montrer le chemin de la gare, et là aussi un homme tout aussi aimable et patient nous aide à acheter les billets. Cette gentillesse nous fait du bien !

Nous prenons le joli Sky-Train jusqu’au centre-ville et nous changeons pour ‘notre’ bus 246. A l’arrêt, un type agressif qui pensait que nous voulions passer devant lui avec nos valises lourdes, nous rappelle à l’ordre: « Dans ce pays très civilisé on linert, ladies, allez hop, à la queue! » Nous nous excusons donc platement, mais un autre homme, gentil celui-là, nous laisse passer devant lui pour que nous ayons des places assises car il a vu notre état de fatigue !

Voici la photo de notre destination: NORTH VANCOUVER

Pour l’heure, dans notre maison d’échange, nous nous demandons où nous allons trouver quelque chose à manger car notre horloge intérieure indique déjà deux heures du matin ! Tracy nous dit dans son « house-guide » que la seule petite rue commerçante des environs est à peu près à 15′ à pied et que nous y trouverons un restaurant chinois. Allons-y ! On monte d’abord un peu notre boulevard pour ensuite prendre une descente assez raide et looongue….! Au loin, devant et en-dessous de nous, nous apercevons le Burtland Inlet, avec le port gigantesque de Vancouver, et derrière on voit la skyline de ‘little Manhattan’.

A cinq heures et demie du soir, nous ne rencontrons personne – et nous continuons encore à descendre. Je frissonne quand je pense au chemin du retour, car il va falloir remonter tout ça! J’ai bien peur que nous ayons confondu les kilomètres avec les miles…. Visiblement, personne ici ne marche de longues distances, on fait du vélo ou on est en voiture ! Nous arrivons enfin dans la toute petite rue commerçante, dans laquelle ne se trouvent qu’une clinique pour chiens et un magasin de légumes (bio, bien sûr !), ainsi que le restaurant chinois qui nous a été recommandé. Mais cela ne résout pas la question du pain et du beurre pour notre petit déjeuner de demain. Nous trouvons enfin une toute petite boutique avec une Chinoise, tout aussi minuscule et ridée, qui nous montre en souriant yes, yes cookies, qui datent — de l’année 2015 !

Nous la remercions et sortons sans rien acheter pour aller manger chinois. Oh, mon Dieu ! D’énormes portions, qui n’ont vraiment AUCUN goût. Nous ne touchons même pas à la viande et ne mangeons que du riz avec des légumes et un peu de sauce. Par contre, nous buvons environ un litre de thé au jasmin, qui nous fait grand bien.

A 19h, nous nous retrouvons à nouveau dans la rue et attendons notre bus, car il est hors de question de marcher ! Je dis au chauffeur de bus, en lui montrant notre billet de l’après-midi, que nous n’avons pas encore de ‘passe’ pour les transports en commun, mais que nous l’achèterions immédiatement le lendemain matin en ville……et que nous n’habitons qu’à trois arrêts plus loin… Au lieu d’aboyer comme chez nous à Paris  » Alors, mettez 2 dollars chacune dans la caisse !  » il dit, en souriant gentiment:

Of course, ladies, I will take you up there !

Je pourrais l’embrasser pour ça! Mais nous nous contentons de le remercier chaleureusement quand il nous arrête directement devant notre maison. Enfin, après une journée de 23 heures, nous pouvons gagner nos chambres.

ENCORE DES BUS

La façon la plus agréable d’avoir une vue d’ensemble d’une ville encore complètement inconnue, c’est de prendre le Hop-on, Hop-off bus . On l’arrête sous un soleil radieux dans le quartier le plus ancien de Vancouver, à savoir Gastown, près de la Steam-Clock. C’est la première horloge à vapeur du monde. Toutes les quinze minutes, elle fait sonner une courte séquence de notes qui imite Big Ben et toutes les heures, elle émet un jet de vapeur supplémentaire – c’est charmant. 

Pour arriver ici, nous avons repris notre bus 246 – heureusement avec un autre chauffeur que celui d’hier soir, qui a tout aussi gentiment réagi à mon excuse. Mais maintenant, nous achetons vraiment une carte d’abonnement rechargeable, avec laquelle nous sommes autorisées à utiliser tous les moyens de transport de la ville. Puis nous embarquons dans le Sea-Bus à Lonsdale Quay, qui est en vérité un ferry reliant tous les quarts d’heure notre ville North Vancouver (80 000 habitants) à Downtown/Centre Vancouver (650 000 habitants).

Depuis le bateau, nous avons une vue magnifique, d’une part sur notre côté boisé avec les sommets de trois mille mètres couverts de neige perpétuelle, et d’autre part sur la ville. Et plus on s’en rapproche, plus on peut la comparer à Manhattan.

Et c’est parti ! Dans notre bus ouvert, nous passons par le port jusqu’à Canada Square avec le Centre des Congrès, qui a été construit pour l’exposition mondiale en 1986 et qui a une forme très originale.

Pendant que nous roulons doucement dans Stanley Parc, qui est encore plus grand que Central Parc à New York (ce dont les Vancouverois sont très fiers), j’apprends quelques petites choses sur la ville. Nommée d’après le capitaine anglais qui a exploré et arpenté la région à la fin du XIXe siècle, ce qui est aujourd’hui Gastown était d’abord une scierie autour de laquelle une petite colonie s’est développée. C’est de là que vient le légendaire Gassy Jack, dit ‘le bavard‘, qui a eu l’idée astucieuse de faire construire son premier saloon par tous les volontaires qui accepteraient du whisky comme moyen de paiement. Il y eut foule ….!!

L’économie de la colonie était initialement basée sur le commerce du bois , des fourrures, des matières premières, etc. via le fleuve Fraser et le Burtland Inlet. Lorsque la ruée vers l’or a éclaté en 1858, en très peu de temps, 25 000 hommes y ont participé. La plupart d’entre eux venaient d’Angleterre, des îles britanniques et de Californie, suivis de nombreux Chinois qui ont également participé à la construction du chemin de fer transcontinental, qui a été réalisé en l’espace de quelques années. Avec le port (le plus grand du Canada), il a jeté les bases du fabuleux essor de Vancouver.

Nous continuons à rouler dans Stanley Parc, où nous avons plus l’impression d’être dans la nature sauvage que juste à côté d’une grande ville. Il n’y a plus d’ours ici, mais encore toutes sortes d’animaux comme des daims et des sangliers – bien sûr pas à proximité de la route principale, qui est utilisée par les bus et les voitures et qui mène au magnifique et gigantesque Lion Bridge.

Nous descendons du bus de l’autre côté du parc pour nous laisser tomber dans le sable chaud d’English Bay, non sans avoir fait auparavant une belle et longue promenade sur le célèbre Sea-Walk. Il n’y a encore personne dans l’eau, car hier et aujourd’hui ont été les premiers jours vraiment chauds de cet été. Ce que l’on remarque immédiatement dans les vêtements : toutes les filles et les jeunes femmes portent les shorts les plus courts possible avec des jambes ‘blancheur persil’, qui sont malheureusement trop souvent défigurées par d’horribles tatouages. Les robes sont « out » chez les jeunes, ce que nous ne comprenons que trop bien : Si vous regardez les modèles dans les vitrines des magasins, vous avez immédiatement envie d’émigrer … !

En deux semaines, je n’ai vu que deux femmes élégamment vêtues – les femmes d’affaires mises à part, car elles portent toutes le même uniforme que les hommes. Et TOUS sont « sous perfusion », que ce soit avec le ‘coffee to go’, ou la bouteille d’eau (écolo, car en bois) et bien sûr l’éternel portable dans l’autre main….!

Nous continuons à explorer la ville à CHINATOWN, le plus grand quartier chinois du Canada. Nous avons déjà remarqué dans le bus – qui met 40 minutes de notre maison au centre – le grand nombre d’Asiatiques. En fait, ils représentent plus de 30 % de la population de Vancouver. Les premiers Chinois sont arrivés pendant la ruée vers l’or et la construction du chemin de fer, et la seconde grande vague dans les années 80, avant la rétrocession de Hong Kong à la Chine.

Le ravissant jardin classique chinois du Dr Sun Yat-Sen, l’un des rares jardins en dehors de l’Asie créé dans le style de la période Ming (XIVe-XVIIe siècles) par 52 des meilleurs artisans chinois en 1986, nous plaît le plus. Nous constatons à chaque pas – littéralement, car des pierres des rivières chinoises sont posées selon des motifs très complexes – que l’ensemble du jardin fonctionne selon le principe du Yin et du Yang : la lumière et l’obscurité se juxtaposent, la roche rugueuse est adoucie par l’eau douce – créant un « rafraîchissement pour le cœur », comme on le proclame dans le hall d’entrée, et nous profitons de cette oasis de silence et de beauté pendant plusieurs heures.

A la fin de la visite, après avoir admiré, comme il se doit, les nénuphars, le héron et le poissons ‘kois’, on nous offre même du thé . Ensuite, nous nous promenons dans le quartier, mais nous sommes rapidement rebutées par les ivrognes et les sans-abri. Comme nous avons faim, nous retournons à Gastown et trouvons bientôt de la place dans le jardin d’un petit restaurant devant une ‘simple montagne de frites. Celle-ci n’est pas du tout ‘simple’, car je n’ai jamais mangé de pommes de terre biologiques, coupées à la main, de cette qualité ! Nous buvons de l’eau avec un choix de jus de cranberry ou de pomme) et le tout fera moins de 9 euros pour deux ! Cerise sur le gâteau: un service charmant ! En général, je remarque – tout comme à Montréal et au Québec il y a quelques années – que partout le personnel des magasins est très gentil (et pas seulement commercial), ils font vraiment un effort pour plaire à leurs clients. Si le modèle pouvait s’exporter à Paris….!

BIBLIOTHEQUE, AQUA BUS ET MARCHÉ

Nous arrivons à la grande bibliothèque, dont nous aimons mieux l’intérieur que l’extérieur. Même l’opinion de la population de la ville a été sollicitée sur le style audacieux de l’architecte, car beaucoup pensaient que leur bibliothèque ressemblait trop au Colisée de Rome.

L’intérieur est aéré et lumineux – ici, on doit se sentir bien pour apprendre. Juste à côté, se trouve la belle ourse très sympathique, car amoureuse des fleurs…!

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Nous voici au Fraser Creek avec son adorable petit Aqua Bus, qui ne peut accueillir que 12 personnes. Nous sautons dedans et passons à proximité du Monde de la Science, de forme sphérique, qui a également été construit pour l’Exposition universelle de 1986.

Ce bateau sillonne – comme notre Bateau-Bus sur la Seine – ce bras mort du Fleuve Fraser en descendant jusqu’à la pointe, où il se déverse dans la baie anglaise et de là dans l’océan Pacifique.

C’est amusant de voir maintenant Vancouver depuis son côté sud. C’est là que se trouvent les gratte-ciels les plus modernes et les plus chers, c’est là qu’il est de bon ton de résider…!

Et voici le plus beau des marchés de la ville :

Ici, tout ce que les environs et la Colombie-Britannique produisent est mis en vente. Des fruits et légumes bien sûr, mais aussi de la viande et du poisson. Ce dernier est malheureusement aussi cher que chez nous, bien qu’il soit pêché quasiment devant la porte. Et le saumon fumé, sur lequel j’avais entendu tant d’éloges, est une déception, à savoir trop dur, trop sec et les morceaux couverts de sirop d’érable ne sont franchement pas à mon goût. Dommage !

Nous allons de stand en stand, nous goûtons ici, nous achetons là – surprises, car nous y trouvons une quantité incroyable de saucisses allemandes. Quand je demande à une vendeuse la raison de cette abondance, elle m’informe que les immigrés allemands des années 60 à 80 étaient et sont le deuxième groupe le plus important après les Asiatiques. C’est bien, parce que nous pouvons acheter le merveilleux pain complet allemand – pas ici, mais au retour, à Lonsdale Quay, sur le marché le plus proche de chez nous, juste à côté du Sea-Bus.

Comme nous cuisinons presque tous les soirs, nous sommes ravies de constater que les légumes d’ici ont du goût, que les œufs sont fabuleux et nous trouvons aussi du fromage de bonne qualité à un prix abordable. Les bars à salades sont également très tentants, car comme ici tout est énorme – une salade verte suffit facilement pour un repas de 6 personnes ! – nous préférons nous y servir et avoir l’embarras du choix, d’autant plus que les prix sont assez doux.

Sur le chemin du retour, nous nous promenons dans le quartier branché des yuppies de Jaletown, qui grouille de designers – et nous rencontrons un artiste installateur avec ses parapluies, qui nous plaisent énormément. Ce genre de choses, on ne les découvre qu’en flânant dans une ville – et nous allons marcher en tout 100 km en deux semaines !

UNE GLACE,SVP !

Maintenant, j’ai vraiment TRES envie d’une glace, parce qu’il fait beau et chaud aujourd’hui. Mais où la trouver ?? Il y a TOUT dans la grande rue commerçante ROBSON : des tacos et des wraps, des pizzas et des food-trucks, beaucoup de nourriture indienne (oh oui, on voit aussi quelques turbans) – mais il n’y a qu’UN seule glacier italien dans cette ville, qui se trouve au Canada Square, et nous en sommes loin. Têtue comme je suis, je demande ici et là, mais je n’obtiens qu’un haussement d’épaules – jusqu’à ce que je voie un petit garçon se lécher les babines! Je saute littéralement sur sa mère ! Hourra, nous avons réussi : dans le sous-sol d’un grand magasin, nous achetons une glace à la cerise qui sort de l’ordinaire. La chasse en valait la peine !

Le voyage du retour est mouvementé, car le bus est archi plein. Mais personne ne rouspète ni ne pousse les autres et presque tout le monde remercie le chauffeur à sa descente. Est-ce pour cela qu’ils sont si gentils ?

LES JARDINS

Comme j’adore jardiner, les jardins de la ville m’intéressent beaucoup. Première visite au jardin des roses du Stanley-Parc où se trouvent ces exemplaires superbes:                                            

 

Ensuite, nous visitons le PARC QUEEN-ELISABETH, qui se trouve, tout comme le JARDIN BOTANIQUE, dans le sud de la ville, à quelques ‘blocks‘ de la station de Métro, ce qui veut dire assez loin. En plus, il est situé sur une colline où se trouvait, il y a des milliers d’années, un volcan. Ce parc est le point culminant de la ville de Vancouver. Il offre des vues exceptionnelles sur la ville et les montagnes au Nord (Two Lions, Grouse Mountain). Il est couvert de fleurs, de jardins aménagés, et de grands arbres typiques du Canada.

Là-haut, nous découvrons une serre tropicale regroupant plus de 500 espèces de plantes et une centaine d’oiseaux. Je pourrais y passer des heures avec cette faune et cette flore. Il y a peu de monde et une sympathique préposée donne des informations non sollicitées en français – – ce qui est rare ici, car Vancouver n’est malheureusement pas, comme Montréal, une ville bilingue. La plupart des gens parlent très ou trop vite pour moi et j’ai du mal avec leur accent.

Les cacatoès ont presque tous un parasol contre trop de soleil, nous n’avions encore jamais vu cela auparavant ! Et le plus beau : lorsque nous sortons, il y a – surprise – un vendeur de glace ! Ainsi, nous profitons de la vue sur Vancouver ET de la glace à la fraise…

Ainsi requinquées, nous descendons vers l’élégant quartier de Shaughnessy, qui porte le nom du président de la Canadian Pacific Railway. Nous retrouvons ici la tranquillité et surtout la beauté des rues et des manoirs élégants de Princeton, car ce quartier est devenu le foyer de la bourgeoisie locale à partir de 1907. Certaines villas, grandes et nobles peuvent facilement rivaliser avec celles de Monte Carlo ou de Menton. Mais malheureusement, les propriétaires sont si malins qu’ils ont créé presque partout un écran de verdure avec des arbres et des buissons et je ne peux en photographier qu’une seule.

Quelques jours plus tard, nous explorons le Jardin Botanique de 22 hectares de M. van Düsen. On ne se lasse pas des arbres,

des fontaines, des bassins de nénuphars avec des oies, des canards, des hérons et du premier labyrinthe de ma vie! Mimi hésite mais je lui fais la ferme promesse de la faire sortir de là …. Hélas, nous y rencontrons deux beaux messieurs qui nous assurent qu’ils « errent ici depuis vendredi dernier ». C’est bien sûr une blague – j’ai besoin de 9 minutes exactement pour nous trouver la sortie !

Un peu fatiguées, nous nous installons sur la terrasse ensoleillée pour un scone et de l’eau, car il fait très chaud. A côté de nous, une dame aux cheveux roux ouvre soudain un parasol. Comme il nous fait aussi de l’ombre, elle se retourne et dit en souriant avec humour :

Sorry, girls, but red-head needs shelter !

Le lendemain matin, il fait DIX degrés de moins que la veille ! C’est un coup dur. Je pense à notre conversation d’hier, dans le bus, avec une gentille Canadienne à qui le Québec, son pays d’origine, manque. Elle me dit que, certes, à Montréal, il peut y faire 40 degrés à l’ombre, comme ces derniers jours, mais aussi moins 40 en hiver. Ce n’est pas un climat facile, MAIS:

Nous au moins, nous avons le SOLEIL ! Ici, il pleut au printemps, à l’automne et en hiver….

Bien entendu, vous pouvez faire valoir que la température moyenne à Vancouver en hiver est d’environ 8 degrés, et que la pollution de l’air est un mot étranger à cette ville, car il y a toujours un peu de vent qui souffle. Mais 12 degrés le matin et 15 l’après-midi à la FIN du mois de juin ??? Plus de shorts dans le bus! Tout le monde s’est rhabillé, le bleu foncé, le gris et le marron dominent.

Même le chauffeur de bus est de mauvaise humeur et aboie après une femme en fauteuil roulant:  » Vous savez pertinemment que cet arrêt n’est pas un arrêt ‘handicapés’ et que je ne suis pas obligé de vous prendre ici, vous devez vous rendre à l’arrêt suivant ». La pauvre femme le regarde simplement avec de grands yeux et une passagère courageuse se lève et demande à la femme handicapée si elle peut l’aider. Le chauffeur de bus a quand-même un peu honte et actionne finalement la plateforme d’accès pour le fauteuil roulant. La pauvre femme reste assise dans le bus les yeux embués de larmes. Pour la première et unique fois, nous descendons du bus sans dire merci au chauffeur !

Nous flânons dans Burrard Street en direction de l’eau et nous avons l’impression de traverser Manhattan avec ses cascades artificielles appelées « murs d’eau ». Des groupes d’hommes en uniforme de bureau regardent la coupe du monde de football en direct de Moscou au café, au lieu de travailler… Nous arrivons au magnifique Marine Building de 98 mètres de haut. Il a été conçu en 1929 dans le style Art Déco et a été le plus haut bâtiment de Vancouver pendant dix ans. Un peu intimidées, nous poussons la porte et nous nous retrouvons soudain dans ce merveilleux hall d’entrée. Remarquable !

Juste au coin de la rue se trouve l’Office du Tourisme et là, nous sommes accueillies par trois dames charmantes qui s’occupent de notre requête. En attendant, nous discutons avec Jennifer, qui travaille ici un jour par semaine gratuitement depuis sa retraite, car ses collègues ne parlent pas le français et l’espagnol, mais elle oui. Pour moi, c’est un plaisir d’échanger avec elle, car elle parle un ‘américain’ normal et pas aussi rapide que les Vancouverois que j’ai souvent du mal à comprendre.

FESTIVALS

Elle nous conseille le festival de jazz et une chanteuse qu’elle connaît personnellement. Nous sommes immédiatement enthousiasmées. Les trois festivals de ce week-end ont tous programmé des événements gratuits. Mais le clarinettiste de jazz, inconnu de nous, joue avec un groupe arabe et ce genre de musique n’est vraiment pas à notre goût. Nous avons écouté la chanteuse de jazz pendant une demi-heure, en espérant qu’il y aurait autre chose que des cris discordants. Le « free jazz » est vraiment quelque chose de très spécial…!

Au moins, la course des Bateaux-Dragons est intéressante, car ni Mireille ni moi n’en avons encore jamais entendu parler. Chaque bateau a une tête de dragon de conception différente comme proue. Avant la première course d’aviron, les participants doivent faire un tour en pagayant, et le dragon doit être « réveillé » par un point rouge au front, apposé par le prêtre (ici, en l’occurrence, une femme!).

Une cérémonie haute en couleurs précède la première course. Malheureusement pour elle, la pauvre grande prêtresse doit se prosterner une centaine de fois au moins sur son tapis de prière.  

VUE D’EN HAUT

Le lendemain matin, nous passons avec l’ascenseur en 40 secondes à une hauteur de 168 m sur l’ OUTLOOK VANCOUVER, avec une vue panoramique à 360 degrés.

Mais l’AQUARIUM de la ville nous déçoit : trop grand, trop fréquenté, trop cher (30 dollars tout de même). Seuls le lion de mer, le bébé phoque et les mignons pingouins nous plaisent.

Nota bene : Les lions de mer /otaries ont des oreilles, les phoques pas ! Au moins, on a appris quelque chose….

ART GALLERY

Pendant l’une des trois journées froides et pluvieuses qui suivent, nous nous rendons à l’Art Gallery of Vancouver et faisons la connaissance de la célèbre et très appréciée peintre canadienne Emily Karr. Nous achetons même un puzzle d’une de ses toiles. Mais nous aurons du mal à le faire, car lui aussi est assez sombre… !

Et nous découvrons David Milne, un Canadien qui a d’abord été très influencé par Matisse jusqu’à ce qu’il trouve son propre style après plus de 20 ans. Pour nous, c’est très intéressant de vivre une véritable évolution vers l’indépendance à travers ses peintures.

L’HYDRAVION

Et maintenant, j’en viens au meilleur jour de notre voyage – c’était LE jour que nous n’oublierons jamais. Même si nous avons dû nous lever à 6 heures du matin, pour ne pas rater le bus de 6h45. A sept heures et demi, nous descendons à Burrard Street. Il n’y a que des personnes qui travaillent dans la rue et nous nous réjouissons de tout : du temps agréable, des détails originaux sur les gratte-ciel, quand les architectes y mettent tout leur cœur – et du petit aéroport que nous voyons devant nous. Parce que nous allons voler pour la première fois de notre vie en hydravion !!

Au début, je ne voulais pas le croire quand ma meilleure amie me l’a dit d’une voix rêveuse dans le parc Stanley, où nous étions assises devant la marina après notre visite décevante à l’aquarium :

Ça alors, ça serait chouette de le prendre !

Pardon ? Mi et sa peur de l’avion ? Certes, elle a, une fois dans sa vie, survolé New York en hélicoptère ! Cela serait difficile de nos jours. Mais nos trois grâces de l’ Office du Tourisme m’ont confirmé que j’avais raison avec la bonne affaire trouvée sur Internet : Vol aller en hydravion en 35 minutes de Vancouver à Victoria, temps libre sur place, retour en bus et ferry et le tout pour seulement 180 euros ! Ca valait le coup de nous lever tôt, et en ‘récompense’, on nous offre un cappuccino avec un croissant au chocolat dans le salon VIP ! Ce que nous voyons de la fenêtre est à peine croyable: les hydravions sont amenés par un seul homme à la LAISSE comme des chiens et rangés en position de départ ! Trop dôle…

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C’est un sentiment vraiment EXALTANT de s’envoler avec un hydravion – comme si c’était la chose la plus normale au monde ! On glisse sur l’eau comme sur des skis et la seconde d’après, on s’envole comme un oiseau. On est un peu serré et notre pilote est grincheux, mais je n’en ai encore jamais vu un travailler à un mètre de moi, alors…:-)

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Le soleil arrive – nous retenons notre souffle :

Nous volons à une altitude d’environ trois à cinq cents mètres et pouvons voir ainsi même des détails au sol. Je savoure chacune des 35 minutes et Mi aussi, visiblement :

Et déjà, nous atterrissons aussi doucement dans le port de Victoria sur l’Ile (!) Vancouver.

J’ai l’impression d’être à Copenhague avec le Parlement en toile de fond. La statue de la reine Victoria d’un côté et un totem des indigènes de l’autre, à côté ,une calèche chic comme à Vienne, dans le port un drôle de bateau-taxi – quel mélange original !

Nous nous promenons à travers la ville, qui nous plaît beaucoup. Mais très vite, la faim se fait sentir et nous trouvons devant le plus vieux pub de la ville, le « Bard and Banker », un vrai petit jardinet où Mi mange un double burger et où je déguste les meilleurs fish and chips de ma vie.

Après le déjeuner, il nous reste encore deux heures avant le départ de notre bus, qui nous conduira au ferry. Nous nous installons donc confortablement – et à l’ombre ! – au port, observant les passants, bavardant un peu — dolce far niente…

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Le voyage de retour est aussi idéal que la journée entière et lorsque nous revenons à notre arrêt de bus à 8 heures du soir, nous voyons aussi Vancouver sous le soleil doré du soir. Cette ville magnifique et stimulante vaut vraiment le détour – il suffit d’attraper de beaux jours d’été et de vivre à proximité du centre….

Un dernier petit truc sympa: en rendant notre pass pour les transports le dernier jour, la gentille et jeune préposée nous vend deux tickets de bus à 2 dollars – sans la réduction à laquelle nous avons droit en tant que « séniorettes ». Quand je proteste: « Mais nous sommes des 65+ », elle répond :

Oh, REALLY ? CONGRATULATIONS !

A BIENTOT POUR UNE NOUVELLE PIECE DANS MON PUZZLE DE VOYAGES !

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