2016 – SINGAPOUR ET BALI

Je me réveille au milieu de la nuit, ce 31 août. Tout est calme dans notre BOEING, seule une hôtesse de l’air s’affaire avec de l’eau, mais sinon, on n’entend que le ronflement des moteurs. Alors que nous survolons tous ces pays qui sont toujours en guerre, la Syrie, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan, etc., j’ai une vision : Que se passerait-il si notre avion, au lieu d’émettre des gaz d’échappement qui conduisent à l’effet de serre, émettait des bulles de savon, des pétales de fleurs, des ailes de papillon ou des étoiles de feu d’artifice ? Les gens seraient d’abord si étonnés et ensuite si ravis qu’ils cesseraient de se taper les uns sur les autres. Un rêve …

SINGAPOUR

Pendant que notre taxi roule en direction du centre ville, je récapitule ce que je sais: dans la ville-état Singapour vivent 4 millions d’habitants – soit presque deux fois plus qu’à Paris – sur cette péninsule relativement petite, d’un peu plus de 700 km² !


Je ne suis pas surprise par la banale laideur des tours d’habitation des banlieues mais par leur hauteur incroyable. Autrefois, avant les gratte-ciel américains, les gens disaient « aussi haut qu’un immeuble » ou « aussi haut qu’une tour » – ici, j’ai l’impression d’être écrasée par des espèces de ‘montagnes habitées’, surtout dans le quartier de Chinatown, où se trouve notre hôtel. La première impression de cette ville est qu’on peut oublier les balades à pied ! La distance entre deux stations de Métro est celle de trois stations parisiennes. Et j’ai vu QUATRE vélos en tout et pour tout – la circulation est vraiment infernale.

Mireille a réservé une chambre double dans un petit hôtel simple à la lisière du quartier chinois. ‘Simple’ signifie seulement 130 € par nuit dans cette ville extrêmement chère. La chambre est correcte et nous avons même une machine pour un café matinal – mais pas de fenêtre ! Cela nous importe peu, car l’air est tellement humide que nous avons besoin de l’air conditionné de toute façon. Et le climatiseur est inutile lorsqu’une fenêtre est ouverte.

Nous sortons à sept heures du soir, il fait déjà nuit noire. Notre hôtel, haut de seulement quatre étages, disparaît pratiquement parmi les gratte-ciel, dont l’un m’impressionne particulièrement parce qu’il a une sorte de capot de lumière rouge diffuse sur le toit – presque comme un dragon – qui s’avère être une énorme antenne le lendemain…!

Nous faisons un petit tour et nous nous retrouvons dans une rue où une maison sur deux est un restaurant ou un petit magasin, où l’on propose des choses inutiles et typiques pour les touristes. Je dois avouer que le charme de ce quartier ne me saute pas aux yeux – le Chinatown de San Francisco était cent fois plus beau et plus intéressant. Nous ne mangeons qu’un petit plat, accompagné d’une bière chinoise avant d’aller dormir.

Le lendemain matin, nous y retournons, car la station de métro la plus proche se trouve exactement dans cette rue avec ses bâtiments coloniaux typiques, ses parasols également typiques des femmes asiatiques, qui fuient toutes le soleil comme le diable fuit l’eau bénite, et les énormes gratte-ciel en arrière-plan.

Nous descendons dans le métro merveilleusement propre et silencieux ! Vraiment, les amendes font des merveilles : dans les dix trains que nous avons pris pendant un jour et demi, et dans tous les couloirs, j’ai vu exactement UN morceau de papier par terre (= 150 euros d’amende !!). Personne ne court ni ne pousse les autres. Dans les stations, il y a une très grande flèche rouge au milieu du quai devant chaque voiture, et des petites flèches vertes en forme d’éventail, peintes à droite et à gauche, de sorte qu’il est facile de voir ce que les passagers sont censés faire. TOUT LE MONDE s’y tient, laisse ses semblables monter et descendre sans pousser ni bousculer – et avec le sourire ! Il y a des affiches dans chaque voiture qui répandent ce slogan, « put a smile on your face » avec des smileys géants et apparemment cela fonctionne parce qu’il y a même des gens qui ont un signe de tête amical pour les autres lorsqu’ils entrent !!! Chère Madame la Maire Anne Hidalgo, pourriez-vous, s’il vous plaît, prendre exemple auprès de votre collègue de Singapour ?

Chaque annonce pour la station suivante se fait d’abord en anglais, puis en malais, et dans cette dernière nous entendons à chaque fois un « appy, appy » qui – nous le supposons – est censé signifier ‘heureux, heureux’, parce que « your at » – avec leur accent ne veut pas dire – « votre publicité » ou « votre chapeau » mais « votre tête » — il faut s’y habituer…!

Une curiosité nous attend en sortant: l’ancien véhicule amphibie originel de l’armée pour le « Duck Tour » à travers la Marina Bay.

Après les 500 premiers mètres dans la rue, nous allons directement dans l’eau – sous les cris de joie de tous les enfants présents ! Mais nous trouvons également cela très amusant et sommes immédiatement subjuguées par la skyline de la baie.

L’hôtel fantastique Marina Bay Sands est quasiment une ville dans la ville: Sur trois tours coniques gigantesques repose un toit de 150 m de long, sur lequel se trouvent un magnifique jardin avec des palmiers et une piscine.

Le musée de l’Art et des Sciences ressemble à une fleur de lotus qui s’ouvre devant la skyline – architecturalement parlant unique – de Singapour.

Tout autour de la Marina Bay, des hôtels luxueux, des jardins et des théâtres ont été construits sur de nouvelles terres récupérées qui, il y a 50 ans, appartenaient encore à la mer. Cette mise en valeur des terres a ajouté à la ville un quartier complètement différent de ce que l’on appelle le quartier historique qui se trouve juste à côté – là le passé avec des bâtiments déjà vus ailleurs, ici le futur….!

Après avoir fait le plein de « Qi », ou force de vie positive, à l’immense fontaine de la richesse,

nous déjeunons du plat le plus célèbre de la ville, un délicieux crabe avec une sauce chili incroyablement piquante.

Dans l’après-midi, le ciel devient de plus en plus nuageux. Un peu déçues, nous renonçons à la visite prévue du jardin botanique, tellement grand qu’on ne peut le visiter qu’en petit train – et celui-ci ne fonctionne pas quand il pleut. Nous retournons à Marina Bay, cette fois-ci pour voir les fameux Gardens by the Bay et leur végétation luxuriante. Les fascinants arbres d’acier, d’une hauteur de 25 à 50 m , forment d’énormes jardins suspendus, car ils sont couverts d’un nombre impressionnant d’orchidées, de fougères et de plantes grimpantes tropicales. Nous avons de la chance dans la malchance : comme le ciel devient de plus en plus sombre et menaçant, les lumières s’allument plus tôt aujourd’hui et nous constatons à quel point les gens ici célèbrent habilement le début de l’automne comme une fête, notamment avec des installations colorées.

Ces arbres sont également des tours de refroidissement pour l’eau consommée par les deux énormes serres en forme de coquillages que nous voyons depuis le bar de l’hôtel le dernier matin :

Dans le dernier métro que nous prenons avant d’aller à l’aéroport, je fais encore une petite rencontre sympathique. À côté de moi est assise une belle dame âgée et je me permets de lui demander en anglais ce que signifie « appy, appy ». Elle répond gentiment que malheureusement elle ne parle ni ne comprend le malais, mais qu’elle va se renseigner auprès de sa voisine. Elle le fait, avec exactement le même résultat et nous rions tous les trois de ce petit mystère que je ne peux pas résoudre pour l’instant.

BALI

À l’aéroport de Singapour, nous sommes traitées si gentiment par le personnel de Singapore Airlines, que nous arrivons à Bali assez euphoriques. Malheureusement, les fonctionnaires balinais sont comme tous les autres au monde, tout juste polis… Le temps que nous tirions de l’argent (pas du tout facile le premier jour, car la machine hésite à cracher les roupies) et roulions en taxi pendant environ une heure, en passant par les banlieues de la capitale pour nous rendre au Laghawa Beach Hotel à SANUR, au Sud-Est de l’île..

Notre bungalow n’est pas tout à fait du dernier cri mais typiquement balinais – et en plus merveilleusement calme, car loin de la route et de la maison principale.

JARDIN, PISCINE, PLAGE

Nous découvrons le beau jardin et juste avant d’arriver au bâtiment principal, cette petite déesse attire mon attention – elle deviendra vite ma préférée:

Je lui offre deux des merveilleuses fleurs parfumées à la vanille de l’arbre à massepain qui pousse partout ici. Dans le restaurant, où nous prenons notre premier petit déjeuner, il fait agréablement frais, car il n’y existe aucune fenêtre. Mireille prend le « continental » normal, tandis que j’essaie l’ indonésien, à savoir un simple plat de nouilles avec des légumes. Savoureux – mais le matin, tout de même un peu étrange…

Autour de nous sont attablés des Anglais – qui ont apporté leur thé ! – et deux messieurs solitaires d’origine indéterminée, ainsi que des Hollandais, (inévitables ici et qui se comportent comme s’ils étaient encore à l’époque coloniale….). Et, surprise, il y a aussi une Australienne, qui a sûrement dépassé les 80 ans, mais qui se présente en short et en T-shirt très décolleté avec une classe naturelle époustouflante !

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Depuis notre table, nous voyons des bougainvilliers en fleurs dans le jardin, un étang de poissons rouges et l’un des nombreux dieux qui est probablement destiné à amener de gentils clients à l’hôtel. Le personnel est plein de bonne volonté et répète chaque commande pour s’assurer qu’elle a été bien comprise. Le fabuleux français-anglais de Mimi prend ici tout son sens, alors que je ne suis parfois pas comprise….à cause de mon accent so british ?

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La piscine entourée d’arbres et de fleurs est tellement paradisiaque, que nous avons peine à y croire — puisque nous payons chacune seulement 17,50 € par jour pour toute cette beauté !

Nous passons la matinée à nager, à lire et à rêvasser – car impossible de dormir à cause de deux coqs, qui sont gardés dans deux cages très spacieuses et qui attendent probablement leur entrée lors d’une des compétitions si prisées en ce pays ! Ils ne peuvent pas tenir leur bec – on peut les comprendre…

Ensuite nous prenons le petit chemin qui nous mène entre fleurs superbes et divinités en 5 minutes jusqu’à la mer.

La plage est propre, l’eau chaude et claire. Pour 3 € nous louons un transat avec parasol. Il n’y a ni musique, ni animation, ni enfants ou marchands, juste le silence – c’est divin ! Je vais chercher un fruit du dragon, juteux, charnu, délicieux – MAIS on ne doit pas en manger trop car autrement, on deviendra – ainsi va la légende – soi-même un dragon…!

Le soir, nous prenons la belle promenade de la plage, passant devant toutes sortes d’hôtels chics avec piscine et une foule qui se régale de cocktails multicolores; et nous arrivons finalement à la plage des locaux. J’avais oublié qu’il y a aussi la marée haute et la marée basse dans l’océan Indien – heureusement, nous avons notre piscine pour la baignade. C’est donc une vraie vie de pacha pour nous !

MANGER, CHANTER, PREMIERE EXCURSION

Nous avons choisi un « Warung » pour dîner, un restaurant bon marché, situé en face de notre hôtel. MAIS nous devrons d’abord traverser la rue ! La circulation est infernale et chaotique : des milliers de camions, de cyclomoteurs, de cyclistes, de voitures, de taxis qui ralentissent devant nous dans l’espoir qu’on en arrête un – au début, on n’ose tout simplement pas bouger… Les règles de circulation sont tout juste là pour amuser les habitants. A la FIN de notre séjour, nous serons totalement endurcies et nous lèverons nonchalamment la main pour montrer que c’est à nous ! Mais aujourd’hui, nous ne sommes pas encore prêtes – et nous sommes très reconnaissantes envers un policier qui apparaît comme par magie et qui lève impérieusement sa main pour nous faire traverser la rue….

Au restaurant, la nourriture est savoureuse, mais le riz est toujours le même, cuit à la vapeur et blanc. Avec ça, il y a soit du poulet, soit du poisson, soit du bœuf – malheureusement pas comme dans la cuisine thaïlandaise, où il y a une centaine de variations avec des dizaines de légumes différents. Après quelques jours, nous avons l’impression de manger la même chose tous les jours avec la sauce chili rouge qui est versée sur tout le plat. A boire il y a de l’eau et de la bière chinoise, le vin est cher et donc on le réserve pour « plus tard ».

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Car nous avons découvert le Wicked Parrot non loin de notre hôtel, un restaurant touristique typique et cher avec de la musique live le soir et un très bon groupe. Et où l’on peut bénéficier d’une « offre spéciale » concernant le vin : pour deux verres de rosé achetés, on en reçoit un gratuitement – ce qui fait un verre et demi de vin par personne pour l’équivalent de six euros. Nous passons une soirée tellement agréable avec ce groupe de musiciens que lorsque les gars demandent si quelqu’un veut chanter, je me lève spontanément et monte sur scène. Je n’ai qu’à fredonner le début et ils démarrent dans la bonne tonalité. C’est très agréable d’être accompagnée par de si bons musiciens et d’après les applaudissements, le public aime tellement ma version de « Let it be » que je dois chanter « Yesterday » en rappel. Malheureusement, le patron est trop avare pour m’offrir un verre – mais ça ne fait rien, c’était très amusant !

Le lendemain matin, nous entamons une longue excursion en direction du nord/nord-est. Nous avons loué une voiture avec chauffeur pour la journée. Aujourd’hui est un jour férié sur l’île et tous les habitants sont debout depuis des heures, sacrifiant aux dieux au temple et à la maison ainsi que sur leur lieu de travail. Ils le font aussi pour nous, simples mortels, avec de petites offrandes dans la rue, qui sont censées nous protéger. Et personne ne nous en veut, si nous marchons accidentellement dessus – c’est une religion très tolérante, dans laquelle Jésus, nous dit-on, est une sorte de cousin de Brahma, Vishnu et Shiva. Il est impressionnant de voir à quel point les habitants sont dignes et en paix avec leur religion, sans l’acharnement de certains autres… !C’est touchant.



Toute l’île est sur pied ce matin, tous les scooters la sillonnent et se croisent partout. Quelle chance de ne pas devoir conduire ! Voici le temple de Khuklung :

Et un paysage tropical typique à côté de Sidemen.

Notre chauffeur ,Bagus, nous montre les premières rizières et nous explique exactement à quel point il est difficile de les cultiver. Soudain, je vois un énorme panneau sur la route qui affiche « Hatti, hatti » en lettres rouges ! Je pense immédiatement aux annonces dans le métro de Singapour. Quand je raconte à Bagus comment j’ai essayé en vain de découvrir ce que signifie « api, api », il explique en riant :

ATTENTION au bord d’un quai, ou, comme ici, au virage en épingle à cheveux !

A midi, nous nous arrêtons sur une plage de sable noir à Padangbai qui offre une vue sur le plus haut volcan de l’île, le Gunung Agung, 3142m.

Nous mangeons notre pique-nique sous les arbres, car il fait trop chaud au soleil, puis nous continuons vers le Palais Royal de Tirta Ganggha, où nous pouvons marcher sur des dalles de pierre pour traverser l’eau. Très amusant. Et le jardin est exceptionnellement beau !


Sur le chemin du retour, nous vivons deux événements qui ne peuvent se produire que dans cette île ! D’abord, notre chauffeur nous emmène au village de pêcheurs de Kusamba, chez un couple qui extrait de l’eau de mer un sel biologiquement très pur. C’est un travail très dur – pour peu d’argent ! – mais une très ancienne spécialité balinaise. Il nous montre le procédé.

Le dos à la mer, l’homme attend patiemment qu’une grosse vague se déverse en écume sur la plage. A gauche et à droite de ses hanches sont accrochés des récipients fabriqués à partir de feuilles d’arbre, qu’il plonge habilement dans l’eau du ressac. Rapidement, ces récipients archaïques sont remplis et il traîne le précieux liquide sur la plage noire (par respect pour lui, je n’ose pas photographier). Avec des mouvements amples, il répand l’eau sur une zone de sable noir délimitée et ratissée. Il imbibe systématiquement le sable avec l’eau de mer et nous dit ensuite que le lendemain matin, le soleil prendra le relais pour la suite des travaux. Il fera évaporer l’eau de sorte que seuls les cristaux de sel resteront dans le sable. (La plage de Kusamba est particulièrement bien adaptée à la production du sel, car son sable noir est extrêmement fin et peut donc retenir l’eau de manière excellente.) Ensuite, il ramasse à la pelle le sable, qui a séché sous l’effet de la chaleur, et le met dans un filtre en bambou, puis le rince à l’eau de mer jusqu’à ce qu’une solution saline très concentrée soit produite. La troisième et dernière étape est à nouveau réalisée par le soleil. L’eau de la solution saline s’évapore dans les troncs des cocotiers creusés en deux. Ce qui reste, c’est du sel marin blanc comme neige, que nous sommes, bien sûr, heureuses de pouvoir acheter.

De retour dans la voiture, nous sommes coincées, peu de temps après, à un grand carrefour – à cause d’un énorme troupeau de canards sur la chaussée ! Ils sont encadrés, devant et derrière, par un homme et une femme avec un drapeau rouge, et traversent — pile dans les clous ! C’est très amusant pour nous, mais eux – coin coin – rentrent du boulot, c’est à dire des rizières. Tout se passe si vite que je n’arrive pas à attraper mon appareil photo, zut.

UBUD

Ici, dans le Artini House Cottage, nous sommes accueillies par la divinité de l’hôtel et conduites en voiture électrique jusqu’à notre chambre par une pente très raide qui descend et remonte jusqu’à un bâtiment moderne. Contrairement à Sanur, tout ici est design, luxe, calme et volupté… De la puce en plastique pour ouvrir la porte de la chambre aux beaux meubles en bois, avec une salle de bain moderne. Et cela pour seulement six euros de plus que dans notre Laghawa. La vue depuis le balcon vaut également la peine : à gauche, une rizière avec le troupeau de canards obligatoire (ils nettoient le champ des mauvaises herbes et des petits parasites et sont autorisés à manger du riz après la récolte). Devant nous, deux piscines séparées et d’énormes cocotiers, dont les branches sont soigneusement taillées pour que les fruits ne puissent pas nous tomber sur la tête.

Tout serait merveilleux pour moi si ce n’était pas à la mode à Bali de construire des escaliers avec des marches incroyablement hautes ! Je dois les monter et descendre tous les jours, ce que mon dos n’apprécie pas du tout.

Avant d’explorer la ville, vite fait, un petit bain bien frais ! Il y a même un « pool bar » ici avec une demi-douzaine de jeunes Balinais qui n’attendent que de nous ajuster les transats et nos parasols et de nous servir des jus de fruits fraîchement pressés. C’est le grand luxe!

Dans l’après-midi, nous allons dans un des musées de la ville, l’ARMA où est exposée la peinture balinaise.

Il n’y a que très peu de touristes que s’y intéressent. Cette peinture de rizières nous plaît particulièrement.

Le soir, nous dînons, juste au coin de la rue, dans une pizzeria ! Nous en avons vraiment assez du riz et nous sommes heureuses de constater que Mamma Mia a un vrai four à bois avec un pizzaïolo ad hoc. La pizza est DELICIEUSE – nous reviendrons sûrement ! Ici, comme dans tous les restaurants – qui sont ouverts aux quatre vents – pas de clim mais d’énormes ventilateurs plafonniers.

Aucune description de photo disponible.

Ubud regorge de jeunes touristes, beaucoup d’Allemands, de Hollandais, d’Australiens et d’Asiatiques. Il s’agit souvent de jeunes couples qui n’ont pas encore d’enfants et qui prennent donc leurs vacances en septembre. Il fait beaucoup plus chaud ici qu’à Sanur, près de la mer. Quelle chance que nous ayons l’air conditionné dans l’hôtel. Il y a beaucoup, beaucoup de magasins et de la brocante au design, tout est représenté et je trouve même mon pendentif tant recherché, ma ‘goutte d’argent’ !

Nous trouvons la ville moins jolie que Sanur et la promenade n’est malheureusement pas sans danger : les trottoirs sont si dégradés qu’il faut faire TRES attention, à ne pas trébucher et tomber dans un trou. Il nous faut entre 35 et 45 minutes pour nous rendre au centre proprement dit. Hélas, en plus, l’éclairage public n’est pas garanti partout le soir…!

Ce que j’aime particulièrement, c’est le sens de la beauté des Balinais, qu’ils se plaisent à partager avec leur entourage. Par exemple, des cercles faits de têtes de fleurs devant un magasin. Evidement, dans la chaleur, ils ne durent qu’un jour – mais ici, cela ne dérange personne.

Presque tous les matins, à 8 heures pile, nous observons le petit troupeau de canards du riziculteur dans le champ situé de l’autre côté de la route – et nous sommes heureuses de ne pas devoir travailler comme eux dans cette chaleur.

Dans notre belle salle à manger donnant sur des pelouses verdoyantes et des bougainvilliers aux couleurs bigarrées, nous savourons un excellent petit-déjeuner-buffet composé de plats chauds et froids. Mi essaie un rouleau de printemps au petit-déjeuner pour la première fois de sa vie – et survit… ! Nous avons toutes deux déjà perdu du poids, parce que nous ne mangeons que des fruits et une poignée de chips à midi, cela nous suffit.

Après le dîner, nous nous installons sur notre terrasse pour écouter les grillons, les grenouilles et les geckos, qui ne peuvent s’empêcher de commenter (malheureusement aussi la nuit) chaque moustique attrapé et avalé de leur cri bruyant. Couleur locale…

DEUX TEMPLES, UNE FERME ET DES SOURCES CHAUDES

Aujourd’hui, nous effectuons une nouvelle excursion, cette fois dans un taxi pour six personnes avec un couple d’Allemands et deux jeunes femmes de Marseille. On se dirige directement vers le nord sur une route bien différente de la première. L’intérieur de l’île est fortement boisé et présente partiellement des routes aux déclivités impressionnantes. J’ai l’impression que les ingénieurs locaux ne s’embarrassent pas de la nécessité d’atténuer une pente en montagne par des virages : la route monte et descend de façon abrupte, comme sur les ‘montagnes russes’….

Premier arrêt au temple royal de Menghwi. Il ressemble plus ou moins à celui de la semaine dernière et de toute façon, l’entrée nous est interdite – mais nous apprécions de nous promener dans son magnifique parc.

Et voici une nouveauté : nous nous arrêtons dans une ferme où l’on cultive à peu près tout ce qui pousse à Bali : Des fruits et des légumes bien sûr, mais aussi de la citronnelle et de la cannelle, des clous de girofle et de la vanille, du thé et — le café le plus cher du monde ! Il est fait à partir des excréments d’une civette (mangouste) et ne m’a pas vraiment époustouflée, bien qu’à Londres, paraît-il, les Anglais payent jusqu’à 50 euros la tasse ! Nous avons le droit de laisser 2 euros comme « cadeau » et nous achetons volontiers un bon paquet de gousses de vanille biologique. Ce sera un délicieux ingrédient pour mes futurs desserts.

Pour changer, nous nous rendons à nouveau dans un temple, cette fois celui de la déesse Dewi Danu, à Bedugul. Le lieu ressemble à un lac suisse – mais avec une mosquée et le deuxième plus grand volcan de Bali, le Gunung Batur, en arrière-plan. Ce volcan, toujours actif, culmine à 2276 mètres, mais il était autrefois plus haut. Il y a environ 30 000 ans, il y a eu une énorme éruption au cours de laquelle le Gunung Batur a perdu son tiers supérieur.

L’après-midi nous réserve quelque chose de très spécial : une visite aux sources sulfureuses « sacrées » de Banjar. C’est un véritable plaisir de pouvoir nous ébattre dans cet environnement magnifique avec de nombreux enfants balinais qui rient et qui sautent de joie. Cependant, nous devons d’abord nous habituer à l’eau chaude et trouble et à son « parfum » particulier…!

LE BAIN DES PRINCESSES

À propos du mot clé « bain », il convient de noter que nous profitons aussi des prix incroyablement doux des soins cosmétiques : 4 euros pour une manucure avec vernis à ongles, pas tout à fait 10 euros pour un soin complet du visage. Mais le top du top est le massage traditionnel du corps entier proposé pour la modique somme de quinze euros, une combinaison de massage et de pressions avec des huiles parfumées. Puis un peeling, suivi d’un masque au yaourt et, pour couronner le tout, un bain d’une beauté unique avec des milliers de petites fleurs de bougainvilliers. Autrefois, seules les princesses balinaises pouvaient en bénéficier ! Et maintenant NOUS. Le but de l’ensemble est de rétablir l’harmonie tant sur le plan physique que mental, selon la philosophie balinaise. Après ces deux heures, nous sommes choyées avec du thé et des biscuits à la mangue, puis nous retournons – royales comme des princesses – vers l’hôtel. Si seulement il y avait un établissement comme ça à Paris – je paierais même le double du prix et prendrais immédiatement un abonnement annuel !

Le soir du jour suivant, la culture reprend ses droits, car il faut bien sûr avoir assisté à l’une des soirées de danses dans un temple balinais. Je suis très critique vis-à-vis des spectacles folkloriques, qu’il s’agisse de « Schuhplattler » bavarois ou de Flamenco. Celui-ci me laisse également de marbre très rapidement, car à l’exception des « kek-kek-kek-tschack-tschack » gutturaux récurrents dans le chœur d’hommes – d’où le nom de danse Kecak – je ne peux qu’admirer la concentration avec laquelle vieux et jeunes, épais et minces, beaux et laids créent ici quelque chose ensemble.

Peu avant le clou du spectacle – un homme, sur une sorte de cheval de bois, « chevauche » pieds nus les braises répandues par d’autres hommes – une pluie tropicale commence dehors sans aucune transition. Incroyablement lourde, cette douche céleste transformera IMMÉDIATEMENT la petite ruelle dans laquelle se trouve le temple en un véritable ruisseau, de sorte qu’une demi-heure plus tard, fatiguées d’attendre et l’estomac dans les chaussettes, nous atteignons la rue principale en pataugeant jusqu’aux mollets et – « Mamma Mia » est tout ce que l’on peut vraiment dire ! – nous courons vers notre pizzeria.

Le lendemain, il fait à nouveau très lourd et une averse chasse l’autre.

Bien sûr, tout le personnel jure que cela n’est encore jamais arrivé à la mi-septembre – mais les trois derniers jours à Ubud sont vraiment désagréables et nous donnent une impression de ce qu’on appelle ici la « saison des pluies ». Il fait si terriblement lourd que nos lunettes s’embuent même le soir sur le balcon. Brrrrr !

Entre deux averses, nous nous rendons le lendemain soir au très apprécié Café Wayan, où l’on déguste une délicieuse cuisine thaïlandaise à prix doux (16 euros pour deux, bière Bitang incluse). Malheureusement, les baby potatoes sont si ‘hot’ que Mi a même mal au ventre. Et le chemin du retour sous le parapluie et la pluie battante nous semble interminable.

Ce qui nous frappe, c’est le petit nombre de personnes âgées que nous voyons dans les rues (la plupart d’entre elles restent dans la maison familiale en sécurité). Elles sont toutes très maigres et ont tout au plus trois morceaux de dents. Pas étonnant, car nous n’avons vu qu’une seule enseigne de dentiste dans cette ville. Par contre, nous avons vu des femmes qui travaillent à la bétonnière au centre-ville, tandis que les hommes sont assis à côté dans le café avec une bière…!

RIZIERES

Le lendemain est encore un jour férié. Tous les habitants ont revêtu leur costume traditionnel et roulent à cinq et sans casque sur leur mobylette : le père devant, la mère derrière avec le bébé dans les bras et entre les parents, encore deux enfants ! Nous, par contre, reprenons un taxi et laissons le chauffeur Made nous conduire jusqu’à une boutique de canards en bois sculptés. Le mien, particulièrement joli de forme et de couleur, ne protègera plus une rizière mais mon couloir :

Alors que nous nous dirigeons vers les plus belles rizières de la région, il nous dit très fièrement que sa voiture est toute neuve. Son père a quitté sa mère, elle et son frère aîné sont déprimés et c’est lui qui entretient toute la famille. Il a commencé par un cyclomoteur qu’il louait et en a maintenant cinq, plus ce taxi. Chapeau bas, jeune homme !

Il nous fait également écouter sa musique préférée et nous accompagne même dans un magasin pour acheter le CD. Je comprends parfaitement pourquoi il a des clients réguliers et nous le réservons immédiatement pour le lendemain en vue de nous reconduire à Sanur. Nous avons décidé d’y passer les derniers jours de nos vacances car nous n’avons pas trouvé plus beau ailleurs. Dans le nord-est et le nord, il n’y a pratiquement que des plages de sable noir, ce que nous n’apprécions pas. Sur la côte ouest, les vagues montent merveilleusement bien pour les surfeurs, mais pour les nageurs, elles sont beaucoup trop dangereuses – chaque année, il y a des morts là-bas. D’ailleurs, nous sommes lassées du tapage d’Ubud et nous avons envie de retrouver notre Sanur (dont on parle rarement ou pas du tout dans les reportages pertinents de la presse européenne) très vivant mais beaucoup plus calme.

Nous quittons donc les rizières et les forêts, à nouveau dans le taxi avec un cousin de Made qui est indisponible aujourd’hui. Celui-ci est tout aussi jeune, rit de tout et de n’importe quoi, et ne conduit un taxi que pour payer l’université. Il veut devenir juge car il trouve qu’il y a trop de corruption dans son pays…. Impressionnant !

En chemin, nous passons par le Parc des papillons et apprenons là aussi quelque chose : il vaut parfois mieux être petit et vivre relativement longtemps (trois semaines). En fait, les magnifiques papillons géants de Bali ne vivent que cinq jours, pendant lesquels ils ne peuvent ni manger ni boire. Ils ne vivent que pour se reproduire..!

Nous sommes également séduites par le Jardin des Orchidées près de Sanur. Nous avons la chance de tomber sur un charmant jeune homme qui nous explique tout – dans un français presque parfait ! – et nous donne en plus des conseils sur la manière de faire refleurir une orchidée. Je suis heureuse de transmettre la recette, car elle marche, je l’ai essayée :

Coupez la fleur fanée à ras. Ensuite, « massacrez » un pot de fleurs en plastique, c’est-à-dire découpez de nombreux trous oblongs sur les 4 côtés. Mettez une fine couche de coton (par exemple un disque démaquillant) au fond, dessus du charbon de bois coupé en forme de petits ‘bonbons’ et enfin un engrais spécial qui se dissout lentement lorsqu’on l’arrose TRES peu une fois par semaine. Patientez une petite année….

Nous décidons sur-le-champ de donner à ce jeune homme un billet de cent mille roupies comme pourboire et il ne veut pas y croire au début. Mais nous sommes heureuses de lui donner ce petit extra, car il étudie aussi. C’est ce décalage entre les couches sociales ( les très favorisés – et les autres…) qui nous empêche d’envier les habitants de cette île, ou encore de vouloir y vivre. D’un côté, nous, les touristes « riches », qui pouvons tirer un million de roupies d’un distributeur automatique en passant, et de l’autre, eux, qui ne gagnent souvent que le strict minimum: il y a encore beaucoup de femmes qui doivent se laver, elles, leurs enfants, les fruits et les légumes dans les rivières ou les ruisseaux…!!!

LE CLOU DU VOYAGE

Nous goûtons les derniers jours à Sanur entre bains de mer et bronzette à la piscine et nous allons vivre la plus belle soirée de notre voyage au bord de l’Océan Indien. Lorsque nous passons devant l’un des élégants restaurants du front de mer, un énorme barbecue ainsi qu’une petite scène avec sono et projecteurs sont en train d’être installés.

Pour l’équivalent de dix (!) euros par personne, un buffet est proposé tous les lundis soirs au Sea-Side, composé d’une merveilleuse soupe en entrée, toutes sortes de salades (auxquelles nous ne touchons pas, cependant – comme pendant l’ensemble du voyage – ce qui nous a évité la fameuse ‘tourista’), 100 grammes de viande ou de poisson grillé avec des légumes et même des pommes de terre frites, à volonté. Plus un quart de rosé ET un groupe absolument génial avec une très bonne chanteuse et quatre grands musiciens. Inoubliable !

J’ai lu quelque part que « le monde appartient à ceux qui savent l’apprécier« . En effet, lorsque nous arrivons à la maison, bien reposées et bronzées, la toute première chose que nous avons le plaisir de déguster – est un CAMEMBERT, « fait » à point…!

A BIENTOT POUR UNE AUTRE PIECE DE MON PUZZLE DE VOYAGES!

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