2015 – PÂQUES à COLLIOURE

Le 21 avril, nous partons en direction du sud, avec pour objectif COLLIOURE. Sous un soleil radieux et par des températures quasi estivales, nous faisons un merveilleux voyage à travers un pays en pleine floraison printanière. Des champs de colza lumineux, des glycines odorantes, des roses luxuriantes et des cerises japonaises partout. En plus, entre Vierzon et Brive-La Gaillarde, nous trouvons à notre surprise un bon bout d’autoroute sans péage. C’est typiquement français: le pays des exceptions, que ce soit en grammaire ou dans la vie politique, puisque cette économie de péage était un cadeau du président Jacques Chirac à ses électeurs de Corrèze…

L’après-midi, nous nous arrêtons près de Brive-la-Gaillarde devant une « chambre et table d’hôte ». C’est une belle vieille et grande maison de campagne, entourée d’un jardin, de vergers et de troupeaux d’oies, car elles sont engraissées ici pour donner plus tard leur fameux foie gras. Nous avons largement le temps de nous dégourdir les pieds et de prendre un bain de soleil dans le jardin sur des chaises longues.

L’apéritif n’est prévu qu’ « à partir de 20 heures ». Pour nous aussi, c’est tard. Heureusement, nous sommes toutes les deux bien habillées, car lorsque nous entrons dans le salon, une magnifique table est dressée pour dix personnes et c’est la maîtresse de maison qui préside. Elle se présente, ainsi que sa mère et son collaborateur, et nous demande de faire de même. Et pas seulement par son nom, mais aussi par sa profession. C’est très inhabituel, mais tout le monde répond à sa demande. Une ambiance sympathique s’installe aussitôt, à laquelle le délicieux kir de vin blanc à la liqueur de châtaigne n’est pas étranger.

S’ensuit un dîner de deux heures et demie avec une soupe de légumes, du fromage de chèvre gratiné sur une salade, d’un rôti de veau avec des petits pois du potager, un grand plateau de fromages et un dessert qui aurait fait honneur à n’importe quel restaurant : des « Œufs à la neige » (je n’avais encore jamais osé en faire !). Le tout arrosé d’un vin de pays vraiment correct et, le lendemain matin, d’un petit-déjeuner très copieux composé de SIX confitures différentes, de miel et, pour moi, d’un bon bout de fromage. Tout cela pour seulement cinquante euros par personne ! Evidemment, aucun hôtel ne peut rivaliser avec cela.

Après un détour par le petit magasin de Madame Buge, où nous achetons toutes sortes de délices de sa production, nous passons par Brive-la-Gaillarde pour faire un petit crochet en Dordogne, à Sarlat, où c’est jour de marché. Là aussi, nous ne pouvons pas résister aux gourmandises présentées – comme les cèpes séchés pour le risotto et le vinaigre de noix. Nous continuons vers le prochain B+B près de Carcassonne, une ville que nous ne connaissons pas encore tous les deux et que nous voulons visiter le lendemain matin.

Cette fois-ci, nous atterrissons dans un haras où l’on élève des bovins. Malheureusement, la très belle chambre, avec salle de bain trois étoiles, ne nous fait pas oublier que le maître des lieux ne nous plaît pas d’emblée. Monsieur n’a pas besoin de proposer son aide à deux dames pour porter leurs valises. Pendant la trop longue soirée, nous nous rendons compte que nous ne sommes que des figurants, c’est-à-dire un public pour Monsieur. Il n’est pas possible de discuter avec les autres convives à table, car il se lance dans un monologue interminable sur son activité de maire (tout juste 25 personnes vivant dans les dix maisons environnantes!), sur ses chevaux, sur l’excellente viande de ses veaux, qu’il vend personnellement directement de la ferme aux clients – et ainsi de suite. Il ne s’arrête pas !

Même Mireille, qui est plus patiente que moi dans ce genre de situation, en a tellement marre que nous entamons une conversation privée, ce qui n’est pas vraiment le but d’une telle soirée. Il est alors très pratique qu’en France, si peu de gens comprennent ou parlent l’allemand. Nous raillons donc tranquillement cet « hôte » et sa cuisine. La viande, dont on nous a vanté les mérites, s’est en effet révélée si dure que j’ai laissé ma côte de veau quasiment intacte. Seul le dessert a été loué par toutes les personnes présentes, donc les autres n’ont pas non plus apprécié le repas ! Le prix est d’ailleurs le même : 60 euros la chambre, 40 euros pour les deux dîners, ce qui fait cinquante par personne. Mais cela nous suffit en viande pour quelques jours et nous nous réjouissons déjà de nos recettes de légumes, car notre but n’est plus très loin.

Notre prochaine étape est Limoux, où l’on trouve le « plus vieux vin mousseux du monde », vanté par tous les vignerons locaux ! Nous quittons donc l’autoroute et prenons la direction des Pyrénées. Malheureusement, le temps s’assombrit de plus en plus, si bien que nous renonçons à un pique-nique et préférons aller manger un morceau – car l’heure du déjeuner dans les provinces de France est sacrée : on mange entre midi et deux, un point, c’est otu ! Mais à deux heures et demie précises, nous nous présentons chez « Sieur d’Arques » pour nous informer sur la fabrication du vin mousseux et pour le goûter. Aïe ! Le Rotkäppchen-Sekt est un bienfait en comparaison et nous partons en vitesse.

Notre appartement de vacances à Collioure est spacieux, fonctionnel et nous avons une belle vue sur la mer !

La première matinée est magnifique. Nous descendons tout de suite au village pour nous et passons devant l’imposant château.

Ensuite, nous jetons un coup d’œil au restaurant « Les Templiers » sur le port. Ici, rien n’a changé depuis 35 ans, lorsque j’y étais venu brièvement : Henri Matisse est arrivé à Collioure en 1905 en compagnie d’André Derain, avec qui il a développé le fauvisme, pour peindre ici. D’autres peintres suivirent, parmi lesquels Georges Braque, Raoul Dufy, Juan Gris et Pablo Picasso.

Comme à l’hôtel « La Colombe » de St-Paul-de-Vence (voir chapitre 2013), Matisse et ses collègues y ont payé leur note avec leurs beaux tableaux (qui n’y sont bien sûr qu’à l’état de copies).

Nous continuons à travers les ruelles pittoresques du village jusqu’à la plage, qui est bien protégée du vent. Ah, le premier bain de soleil de l’année au bord de la mer est à chaque fois le plus beau, même sans baignade ! Certes, nous n’avons pas tous les jours beau temps, mais nous pouvons presque toujours bronzer au moins une petite heure. Et le reste du temps, nous essayons chaque jour une nouvelle variété de fraises sur les marchés pour notre pique-nique de midi ! Ce que l’on mange ici n’a RIEN à voir avec ce que l’on trouve sur les marchés parisiens, car les fraises n’aiment pas voyager. Les asperges vertes, par exemple, sont tendres comme du beurre et nous nous régalons, e, mangeant sainement et surtout avec beaucoup de plaisir !

Nous passons deux jours gris et pluvieux dans la voiture à examiner les côtes au nord et au sud de la station – les deux sont peu concluantes. Au nord, de hideuses stations modernes de type « clapier à lapin » ont vu le jour et des trois stations situées au sud – Cerbère, Banyuls et Port Vendre – seule cette dernière est imposante avec son port de plaisance, mais elle ne peut pas rivaliser avec le pittoresque Collioure.

Le Vieux Quartier du Mouré, avec ses ruelles étroites et ses escaliers, monte en pente raide depuis le port à côté de l’église et est joliment décoré de fleurs. Collioure compte environ 2700 habitants – mais ce chiffre grimpe à des dizaines de milliers pendant les mois d’été, lorsque les gens viennent se reposer sous les palmiers.

Plus tard, à l’intérieur du pays, après une belle balade à travers les vignobles, nous arrivons à la seule « vinaigrerie » de France où le vinaigre est fabriqué à l’air libre. Et plus précisément dans des fûts de chêne dans lesquels on fait un grand trou quadrangulaire que l’on recouvre d’un tissu épais. Le vinaigre peut ainsi mûrir à l’air libre, sans qu’aucune impureté ne puisse y pénétrer. La jeune propriétaire nous fait un exposé intéressant et nous pouvons ensuite déguster différentes sortes de vinaigre (UNE seule goutte, tant il est précieux !). Nous apprenons que le fameux « balsamico » n’en est vraiment un que s’il est suivi de la mention « tradizionale ». Le reste n’est que du vinaigre normal avec beaucoup de caramel dedans…

Le lendemain à Collioure dans un magasin très célèbre, « La Belle Iloise », on ne trouve que des conserves de poisson. Nous avons le droit de tout goûter avant d’acheter et je fais provision de maquereaux et de sardines pour les six prochains mois. C’est une chance que nous soyons en voiture ! Et une autre chance d’avoir passé une si belle semaine au bord de la Méditerranée!

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